Que se passe-t-il si on joue les notes de C majeur, mais en commençant sur D au lieu de C ? On obtient D E F G A B C : les sept mêmes notes, mais les tons et les demi-tons ne tombent plus au même endroit, et la gamme sonne autrement. Une gamme obtenue de cette façon s’appelle un mode.
En commençant tour à tour sur chacune des sept notes, on obtient sept modes. Leurs noms viennent de la Grèce antique, même si les Grecs les donnaient à d’autres gammes. On les appelle aussi modes ecclésiastiques (ou modes d’église), parce que le chant grégorien du Moyen Âge reposait sur eux. Pour être exact, on n’en connaissait alors que quatre, le dorien, le phrygien, le lydien et le mixolydien (chacun avec sa variante plagale). L’ionien et l’éolien n’ont été ajoutés qu’en 1547, par le théoricien suisse Glaréan, et le locrien est longtemps resté théorique. L’idée, elle, est simple : les mêmes notes, une autre . Le mode ionien n’est rien d’autre que la gamme majeure, et le mode éolien est la gamme mineure naturelle que tu connais déjà.
Les modes qui ont une sonnent majeur, ceux qui ont une tierce mineure sonnent mineur. Par rapport à la gamme majeure ou à la gamme mineure naturelle, chacun des autres modes ne change qu’une seule note (le locrien en change deux). Et c’est cette note qui lui donne son caractère :
Garde maintenant la même tonique et change de mode. La note de repos ne bouge pas, mais certaines des autres notes changent, et tu entends directement la couleur de chaque mode.