Tons relatifs et homonymes

Certaines sont très proches : elles ont les mêmes notes, ou la même tonique. Savoir lesquelles t’aide à entendre comment un morceau est construit, et comment il peut passer d’une tonalité à une autre. Tu as déjà rencontré le relatif mineur et l’homonyme mineur dans Les gammes mineures. Voyons ce qu’ils signifient pour les tonalités.

Tons relatifs : mêmes notes, autre tonique

C majeur (do majeur) et A mineur (la mineur) utilisent exactement les mêmes sept notes, et ont donc la même armure (aucune altération). Ce sont des tons relatifs : A mineur est le relatif mineur de C majeur, et C majeur le relatif majeur de A mineur. Le relatif mineur se trouve toujours une tierce mineure (trois demi-tons) sous la tonique majeure, sur le 6e degré de la gamme majeure.

Ce qui change, c’est la , la note de repos, celle sur laquelle la musique semble arrivée. Autour de C, les mêmes notes ont une couleur claire, autour de A une couleur plus sombre. Écoute le même type de dans chaque tonalité : les construits sur le 1er, le 4e et le 5e degré de la gamme, puis le retour à la tonique. Les s’écrivent en chiffres romains, en minuscules pour les accords mineurs, et Am signifie A mineur.

C majeurICIVFVGIC
A mineuriAmivDmvEmiAm

Tons homonymes : même tonique, autres notes

C majeur et C mineur (do mineur) ont la même tonique, mais pas les mêmes notes : C mineur abaisse les 3e, 6e et 7e degrés (E♭, A♭ et B♭). Ce sont des tons homonymes : C mineur est l’homonyme mineur de C majeur. Passer de l’un à l’autre garde la tonique mais change la couleur, un procédé très apprécié en pop et dans les musiques de film.

C mineur a trois bémols, la même armure que E♭ majeur (mi bémol majeur), son relatif majeur. Chaque tonalité mineure est ainsi l’homonyme d’une tonalité majeure et le relatif d’une autre.

Changer de tonalité

Les morceaux passent souvent dans une nouvelle tonalité : c’est une modulation. En dehors du ton relatif, les modulations les plus douces mènent à une voisine sur le  : deux voisines ont six notes sur sept en commun. En formation musicale, on appelle tons voisins les tonalités dont l’armure est la même ou ne diffère que d’une altération. C majeur en a cinq : A mineur (son relatif), G majeur (sol majeur) et E mineur, F majeur (fa majeur) et D mineur. Voici combien de notes chaque tonalité majeure change par rapport à C majeur :

TonalitéNotes changéesNouvelles notes
C majeur0–
G majeur1F♯
D majeur2F♯ C♯
A majeur3F♯ C♯ G♯
E majeur4F♯ C♯ G♯ D♯
B majeur5F♯ C♯ G♯ D♯ A♯
G♭ majeur6B♭ E♭ A♭ D♭ G♭ C♭
D♭ majeur5B♭ E♭ A♭ D♭ G♭
A♭ majeur4B♭ E♭ A♭ D♭
E♭ majeur3B♭ E♭ A♭
B♭ majeur2B♭ E♭
F majeur1B♭

G majeur et F majeur ne changent qu’une note chacune, si bien qu’un morceau en C peut glisser vers l’une ou l’autre presque sans qu’on s’en aperçoive. Voici un passage de C à G : l’accord D7 fait entendre F♯, la seule nouvelle note, et attire la musique vers sa nouvelle tonique, G. (D7 est un accord de D avec une note en plus, C. Tu découvriras les dans le chapitre Accords.) En G majeur, D7 est l’accord de septième de dominante. Vu depuis C majeur, c’est la dominante de la dominante.

CAmD7GCD7G

En C majeur : C D E F G A B. En G majeur : G A B C D E F♯.

Suite : la transposition et le capodastre